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Reforestation et aménagement horticole de la vallée du Sine
 
Le constat :
Il y a 50 ans la vallée du Sine avait un écosystème luxuriant. L’eau de mer se mélangeait à l’eau du fleuve et permettait aux villageois d’avoir du poisson frais toute l’année. A la lisière de cette étendue d’eau, s’étalait une forêt dense composée de grands arbres, d’arbustes et de lianes. La faune, très riche, permettait aux paysans de chasser des antilopes, des lièvres, des pintades, etc. Les cultures en saison des pluies se faisaient autour des villages et l’élevage au delà des champs.
Depuis le début des années 1950, l’intensification de la culture arachidière, la production de charbon de bois, les sècheresses successives, l'augmentation de la population ont fini par avoir  raison de la forêt. Il n’en reste plus que des arbres épars et des buissons. Le fleuve ne coule plus et les mares ensablées ne subsistent que quelques mois après l'hivernage. Les paysans appellent leur vallée "la vallée morte".
 
Les conséquences de ce changement d’écosystème sont multiples :
 
1.la pluviométrie a fortement baissé (un tiers depuis le début des années 1970), certainement aggravée par le réchauffement climatique,
2.les vents violents pendant l’hivernage sont devenus plus fréquents et causent beaucoup de dégâts autant dans les champs que dans les habitations,
3.les sols sont devenus très pauvres et continuent de se dégrader,
4.les  récoltes sont de moins en moins abondantes et les activités de cueillette, de chasse et de pêche ont complètement disparu à tel point que les paysans ne produisent plus suffisamment pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. Ils ne subsistent que par l'apport de parents ou des enfants qui ont migré à Dakar ou à l'étranger.
Les villageois ont pris conscience des effets de la dégradation du milieu naturel. Ils savent que les récoltes sont plus abondantes sous les kads (sorte d'acacias). Les comités Villageois de Développement indiquent dans leurs comptes rendus qu'il faudrait reconstituer le couvert végétal, planter des arbres et des haies, désensabler les mares. Mais comment faire quand les forces vives quittent le village dès la fin des la saison des pluies, quand les capacités d'investissement sont pratiquement nulles ?
Les jeunes et les femmes sont prêts à agir pour inverser la tendance. Quelques uns ont plantés des arbres fruitiers ou créés des jardins. C'est avec eux que nous avons construit ce projet de reforestation et d'aménagement horticole. Il est bien sûr très modeste eu égard à l'ampleur du problème. Mais il s'agit avant tout de créer une nouvelle dynamique.
Les actions :
 
Le programme de gestion communautaire du domaine forestier de la Région de Fatick :
 
Ce programme, mis en place par le Conseil Régional de Fatick, prévoit de reboiser en prenant appui sur les populations paysannes qui ont pris conscience des dégâts provoqués par la déforestation et qui seront les premières bénéficiaires du programme.
Dans un premier temps, il concerne six communautés rurales dont celle de Niakhar. Il s'agit dans chaque communauté rurale de définir avec les villageois concernés une ou plusieurs zones mises en défens ou il serait interdit de couper du bois et de laisser pénétrer les animaux. Les expériences montrent que dans ces conditions la forêt se régénère toute seule.
L'intervention de Solidarité France Sahel concerne la Commune Rurale de Niakhar. Sur cette zone, la forêt a complètement disparu seuls subsistent des arbres épars, kads, dattiers du désert, pommiers du cayor …
Depuis 2010, elle participe à la rémunération d'un animateur chargé de convaincre les villageois de protéger les espaces mis en défens et de faire paître leurs bovins à l'écart de ces zones. Une fête de l’arbre a été organisée au début de la saison des pluies. Dans ce cadre, avec l’appui des Eaux et forêts, le GIE Bok Jom et les jeunes du village de Sorokh ont planté 1500 eucalyptus dans la zone mise en défens.
En 2011 Solidarité France Sahel organisera à nouveau une fête de l’arbre. A cet effet, elle participe à la création d’une pépinière dont les plants seront distribués dans les villages de la Communauté rurale de Niakhar .
 
Le développement de l'arboriculture et de l'horticulture :
 
Le développement de l'arboriculture et de l'horticulture, outre sa contribution à la reforestation, constitue une nouvelle source de revenus en même temps qu'il améliore l'équilibre alimentaire des populations. Il permet de fixer des hommes au village pendant la saison sèche et freine l'exode rural.
Le principe est, dans un premier temps, de réaliser des clôtures de haie vive autour de chaque espace, de creuser les puits à raison de deux par espace d'un hectare, et, lorsque la clôture assurera une protection suffisante, de planter les arbres fruitiers et de mettre en place un système de micro arrosage pour minimiser la consommation d'eau. La clôture est réalisée à partir de plants de jatropha Si les plants sont régulièrement arrosés pendant la saison sèche, la clôture devrait assurer une protection suffisante après le second hivernage et produire des fruits au troisième hivernage.
En 2011, a la demande des villageois deux puits seront creusés dans des espaces qu’ils ont déjà aménagé.
 
La réalisation de haies vives autour des champs :
 
L'érosion liée au vent entraîne l'appauvrissement des sols et comble les mares.
Pour freiner le processus, le projet propose de fournir des graines de jatropha  aux paysans pour réaliser des haies vives autour de leurs champs. 50 Km de haies pourraient être ainsi réalisées. Les graines récoltées permettront de produire de 30 à 40 000 litres de biocarburant sans limiter en quoi que ce soit les surfaces consacrées aux cultures vivrières.
Au printemps 2010, elle a créé une pépinière avec 12 000 plants de jatropha en vue de commencer à clôturer l’espace mis en défens et d’amorcer le programme de création de haies vives. Malheureusement, la plantation s’est faite dans une zone argileuse, trop humide pendant la saison des pluies et la majorité des plants a été perdue.
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